Cette deuxième partie de la plaidoirie de Jacques Vergès s’inscrit dans la continuité de sa stratégie de rupture, une méthode qui consiste à déplacer le procès, à attaquer la légitimité morale de l’accusation et à replacer les crimes de Barbie dans un cadre plus large, souvent géopolitique.
Ce que Vergès développe dans cette partie :
- Il poursuit la dénonciation de l’hypocrisie des États. Vergès compare les crimes reprochés à Barbie avec d’autres crimes commis par des puissances occidentales, notamment la France, pour montrer que la justice est sélective.
- Il élargit encore le champ du procès. Il évoque des massacres contemporains (Algérie, Moyen‑Orient, Afrique) pour démontrer que les atrocités ne sont pas l’apanage du nazisme.
- Il cherche à provoquer un choc moral. En multipliant les parallèles dérangeants, il force le tribunal à regarder au‑delà du cas Barbie et à interroger la responsabilité des nations.
- Il prépare la transition vers les autres avocats de la défense. Cette partie sert souvent de pivot vers les interventions de M’Bemba et Bouaïta, qui prolongent la stratégie de rupture en élargissant encore le cadre historique et politique.
Le ton général :
La plaidoirie est offensive, politique, dérangeante, et vise moins à défendre Barbie qu’à accuser l’accusation. Vergès transforme le procès en tribune, en miroir des violences du XXᵉ siècle, et en acte d’accusation contre les puissances coloniales.
