Plaidoirie de Maître Jacques Vergès (Procès Barbie, 1987 – Partie 1)

Cette première partie de la plaidoirie de Maître Jacques Vergès, lors du procès de Klaus Barbie en 1987, montre l’avocat dans une stratégie de rupture totale, fidèle à sa méthode : déplacer le procès, élargir le cadre, et renvoyer l’accusation à ses propres contradictions.

Ce que Vergès fait dans cette plaidoirie :

  • Il attaque frontalement le cadre du procès. Vergès conteste la légitimité morale de ceux qui jugent Barbie, en rappelant que des crimes contre l’humanité ont été commis par des États ou des acteurs que la France n’a jamais jugés.
  • Il internationalise le débat. Il évoque des massacres en Algérie, au Moyen-Orient (Sabra et Chatila), et dans d’autres régions du monde, pour montrer que la barbarie n’est pas l’apanage d’un seul homme ou d’un seul camp.
  • Il provoque volontairement les parties civiles. Ses comparaisons et parallèles créent des réactions vives dans la salle, notamment chez les avocats des victimes, ce qui fait partie de sa stratégie : mettre le tribunal face à ses angles morts.
  • Il prépare le terrain pour les autres avocats de la défense. Après son intervention, il cède la parole à ses confrères Jean‑Martin M’Bemba et Nabil Bouaïta, qui poursuivent cette ligne argumentative en élargissant encore le champ des crimes évoqués.

L’esprit général de la plaidoirie :

Vergès ne cherche pas à innocenter Barbie sur les faits — il cherche à déplacer la responsabilité, à dénoncer l’hypocrisie des États, et à faire du procès un miroir des violences du XXᵉ siècle. C’est une plaidoirie politique, presque géopolitique, plus qu’une défense classique.

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